LE FOUR À PAIN
Situé à proximité du moulin il fait partie intégrante du village. Construit au XIXème siècle et peut -être reconstruit sur un vestige plus ancien disparu, notre four à pain propose un foyer central, ce qui semble rare en Creuse. Il est mentionné sur le site internet « Patrimoine de France » et on le trouve déjà sur le cadastre napoléonien de 1832. Son bon état de conservation confirme qu’il s’agit d’une construction plus récente que celle du moulin.
Il est bâti en moellons de granite jointés par un mortier à base de tuf, sa couverture d’origine étant elle aussi en chaume. Nous avons choisi pour sa rénovation un nouveau couvert en ardoises rustiques pour des raisons d’entretien pérenne. Ce choix d’apparence plus actuelle mais proposé par l’U.D.A.P., se distinguera de la couverture du moulin afin d’en souligner le décalage temporel.
La bouche, ouverture du four par laquelle on introduit le bois de chauffe ainsi que les aliments destinés à être cuits, est de belle facture avec des courbes ornementales sculptées dans la pierre. La sole, qui a été rénovée en matériaux réfractaires : briques et mortiers à base de silice et de chaux, offre la surface sur laquelle sont placés d’abord le bois de chauffage et ensuite les aliments à cuire. La voûte, on la dénomme aussi « chapelle », a été reprise récemment. elle délimite le volume du four dans lequel on réalise la chauffe ainsi que la cuisson des aliments.
L’avaloir situé en fond de voûte fait de ce four un cas particulier en décalant par un cheminement horizontal le conduit de la cheminée.
Celui-ci peut ainsi s’adosser au mur pignon, permettant d’évacuer les fumées à l’extérieur.
Dans le bâtiment on trouve un bujadier (cuve à lessive) dans lequel les lavandières faisaient chauffer l’eau de lavage du linge dans un mélange à base de cendre de bois pour obtenir un blanc plus blanc que blanc !
Témoignage : « dans le village tout le monde venait avec sa pâte prête à l’emploi pour cuire le pain et parfois les pâtisseries de la semaine. Le four était mis en chauffe à l’aide de fagots d’épines puis de bois bien sec. La couleur grise à l’intérieur indiquait alors que le four était à la bonne température.
Le pain cuit se conservait très bien durant une semaine au moins, bien placé en hauteur, sur des étagères de la cuisine… ».
